Étape 1 : le brief et le cadrage
Tout projet audiovisuel commence par un brief — un document qui fixe les objectifs, les contraintes et le cadre créatif. Cette étape semble administrative mais elle détermine la réussite du projet.
Le brief définit l'objectif de communication (notoriété, conversion, marque employeur, formation interne), le public cible (B2B décideur, grand public, candidats), les canaux de diffusion (site, LinkedIn, YouTube, salon, télévision) et le ton souhaité (sérieux institutionnel, décalé digital, émotionnel, pédagogique).
Un bon prestataire va plus loin que le brief client initial : il pose des questions, challenge les évidences, propose des pistes inattendues. L'atelier de cadrage (2 à 4 heures) permet de co-construire la vision.
Durée type : 1 à 2 semaines de dialogue entre client et prestataire. Coût intégré dans la prestation globale, représente 5 à 10 % du budget total.
Étape 2 : l'écriture et le story-board
Une fois le brief validé, le prestataire écrit le scénario détaillé. Cette étape de rédaction audiovisuelle suit ses propres règles.
Le scénario précise chaque plan (angle, durée, description), les voix off éventuelles, les sous-titres, les interviews et leurs questions, les éléments graphiques animés. Il se présente généralement en format tableau ou scénarimage (story-board illustré).
Le story-board illustré est particulièrement utile pour les clients qui ont du mal à se projeter à partir d'un scénario texte. Un illustrateur dessine chaque plan clé — c'est un coût supplémentaire (1 000 à 3 000 € selon l'ampleur) mais il évite les mauvaises surprises au tournage.
Durée type : 1 à 3 semaines selon l'ampleur. Le client valide chaque itération avant de passer à la pré-production. Représente 15 à 25 % du budget total.
Étape 3 : la pré-production
La pré-production est la phase logistique qui prépare le tournage. Elle comprend plusieurs chantiers parallèles.
Le casting : recherche et sélection des intervenants (comédiens, figurants, voix off, experts). Un casting pro prend 1 à 3 semaines avec 3 à 10 candidats présentés par rôle.
Les repérages : visite des lieux de tournage pour évaluer la lumière, le son, les contraintes électriques, les angles de caméra. Chaque lieu peut nécessiter 2 à 4 heures de repérage.
Les autorisations : permis de tournage auprès des mairies, autorisations drone, autorisations des lieux privés, droits à l'image des personnes filmées. Les délais peuvent être longs (2 à 6 semaines pour certaines autorisations publiques).
La logistique : planning jour par jour, feuille de service, réservations de matériel, location éventuelle de décors, restauration, hébergement si tournage multi-jours.
Durée type : 2 à 4 semaines. Représente 10 à 15 % du budget total.
Étape 4 : le tournage
Le tournage est la phase la plus visible pour le client — mais celle où il a le moins d'influence. Tout le travail préparatoire doit avoir été fait en amont.
L'équipe technique standard : réalisateur, chef opérateur (cameraman), assistant caméra, ingénieur son, maquilleur (si interviewés), régisseur (si tournage complexe). Entre 2 et 8 personnes selon l'envergure.
Le matériel : caméras cinéma 4K ou 6K (Sony FX6, Canon C70, Blackmagic URSA), optiques série pro, stabilisateur (Ronin, Movi), drone, trépieds, éclairage LED et HMI, enregistreur son, micros HF et canon, monitoring retour client.
La durée varie selon le projet : 1 jour pour une capsule courte, 2 à 5 jours pour un film corporate, 10+ jours pour un documentaire ou une série. Chaque jour coûte entre 2 500 et 8 000 € selon l'équipe et le matériel.
Sur le plateau, le client peut assister via monitoring déporté (écran client). Il valide les plans clés au fur et à mesure mais n'intervient pas sur les choix techniques.
Étape 5 : la post-production
La post-production est souvent sous-estimée mais elle représente 40 à 60 % du travail total. Elle comprend plusieurs chantiers séquentiels.
Le dérushage : visionnage et organisation des rushes (10 à 100 heures de rushes selon le projet). Représente 5 à 15 % du temps post-production.
Le montage : construction narrative, rythme, choix des plans, synchronisation son. C'est la phase créative la plus longue — 3 à 15 jours selon la complexité.
L'étalonnage colorimétrique : harmonisation des couleurs, look cinéma cohérent, compensation des défauts d'éclairage. Réalisé sur DaVinci Resolve par un coloriste dédié, 1 à 3 jours.
Le sound design : mixage de la voix, effets sonores, musique, ambiances. Un bon sound design transforme un montage correct en film captivant. 1 à 3 jours.
L'habillage graphique : logos animés, titres, sous-titres, data-visualisations animées. Réalisé sur After Effects, 2 à 10 jours selon l'ampleur.
Les révisions client : 2 tours de révisions sont généralement inclus. Chaque révision ajoute 2 à 5 jours au planning.
Durée totale type : 3 à 8 semaines. Représente 35 à 50 % du budget global.
Étape 6 : la livraison et la diffusion
La phase finale livre les masters et accompagne éventuellement la diffusion.
Les livrables : master 4K ou Full HD, versions optimisées pour chaque plateforme (YouTube, Vimeo, LinkedIn, Instagram), formats verticaux 9:16 pour Stories et Reels, sous-titres burn-in ou SRT séparés, versions multilingues.
Les formats de livraison : WeTransfer pro, Frame.io, Vimeo pro, ou disque dur physique pour les grosses productions. Le client récupère les masters au format demandé.
La cession de droits : un document contractuel précise ce que le client peut faire avec le film (diffusion interne, externe, durée d'usage, canaux autorisés). Au-delà des droits cédés, un avenant est nécessaire.
La diffusion : certains prestataires accompagnent la mise en ligne avec une optimisation SEO (titres, descriptions, balises, timecodes YouTube). C'est un plus qui démultiplie l'impact du film.
L'archivage : les rushes sont généralement conservés 1 à 2 ans par le prestataire. Au-delà, ils sont supprimés sauf convention contraire. Pensez à récupérer les rushes bruts si vous voulez pouvoir en réutiliser plus tard.